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CGT Inergy (Groupe Plastic Omnium)CHSCT..19/06/2013..Les Salariés de la Peur...

Publié le par chsct cgt inergy

 

    Fumeurs 

  

 les salariés de la peur

 

 

 

Un fumeur coûterait près de 4600 euros de plus par an à son employeur : un argument de poids à l’heure où l’optimisation des coûts fait loi. A quand une radio des poumons à joindre à votre lettre de motivation ?

 

 

En début de semaine, On se demandait s’il fallait oser le CV original. Il y aura peut-être demain un moyen plus sûr de retenir l’attention de son futur employeur… Faire son coming-out non-fumeur.

 

Sur le marché du travail, un employé la clope au bec ne vaut pas un kopeck. Dans une étude récemment menée par des chercheurs de l’université d’Etat de l’Ohio, reprise par l'AFP, un fumeur coûterait près de 6000 dollars (4600 euros) de plus par an à son employeur : un argument de poids à l’heure où l’optimisation des coûts fait loi.
 
Les coûts varient entre 2.885 dollars (2.200 euros) et plus de 10.125 dollars (7.730 euros) en fonction du secteur d'activité et de l'emploi occupé. Dans la ligne de mire des chercheurs, arrivent en tête les chères pauses clope, qui représenteraient un manque à gagner de 3077 dollars (2350 euros) par employé fumeur.
 
En outre, le fumeur ne se contenterait pas d’être plus souvent absent, son addiction à la nicotine, source de distraction permanente, le rendrait moins productif.

 

Souffreteux, donc plus coûteux. Il faut compter également avec un surcoût de dépenses santé – aux Etats-Unis, pour les employeurs qui s’assurent eux-mêmes – il peut atteindre 2056 dollars.
 
Bien que cette étude dresse un tableau noir de la rentabilité des fumeurs, les chercheurs savent également leur rendre justice avec cynisme… Les fumeurs conservent un avantage indéniable comparé à leurs collègues « cleans » : une mort prématurée permettrait à l’entreprise de sauver près de 296 dollars par an et par employé.

Malgré tout, l’« addiction » reste salée : 5816 dollars par an pour chaque accroc à la nicotine.
 
Bref, vous savez désormais ce que vous avez à faire… Ajoutez une radio des poumons à votre lettre de motivation.

 

Lira-t-on bientôt sur les paquets de cigarette : « votre patron peut vous aider à arrêter de fumer » ou « fumer peut entrainer un licenciement immédiat. »

 

 

Pourquoi la cigarette électronique pose problème

 

 

Pas de goudron, pas de mégot, peu de nicotine... Et pourtant, la cigarette électronique, dont les ventes explosent, ne fait pas l’unanimité. Des voix s’élèvent pour demander l’encadrement d’un produit qui, selon eux, banalise le geste de fumer.

 

Avez-vous déjà vu un non-fumeur se mettre à vapoter ? Avec la floraison des boutiques mettant en avant le « plaisir de clopiner », il est fort possible que des gens qui n’avaient jamais eu l’envie de fumer s’y mettent... pour le goût de mangue, ou parce que c’est social, pas cher, rigolo.

 

La cigarette électronique est en train d’envahir notre quotidien. Pas une semaine sans qu’une nouvelle boutique n’ouvre. On parle de 500 000 utilisateurs, et en une du Journal du Dimanche, Marine Le Pen, qui n’osait que rarement se montrer clope au bec, vapote fièrement.

 

Mais ce nouveau produit, dont l’on ne sait pas bien s’il faut le ranger parmi les drogues ou les médicaments, pose de sérieuses questions, comme en témoigne cette hésitation en ouverture du dossier du Parisien ce lundi : « Mirage ou miracle ? »

 

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Ce n’est pas un substitut nicotique, et pourtant...

 

La cigarette électronique, quoi qu’on en dise, est utilisée comme produit de substitution à la cigarette en tabac. Très souvent, un fumeur qui avait arrêté va avoir l’impression qu’il ne reprendra pas s’il passe à la cigarette électronique.

 

Or si c’était un substitut nicotinique comme les patchs ou autres gommes, la cigarette électronique aurait dû déposer une demande d’autorisation de mise sur le marché auprès de l’agence du médicament. N’étant pas un « produit de santé », la cigarette électronique échappe à tout encadrement sanitaire.

 

« Elle ne peuvent être vendues en pharmacie », rappelle l’agence du médicament dans son avis rendu en mai 2011. Un avis qui n’est « pas actualisé depuis car notre position n’a pas changé », précise l’agence.

 

La e-cigarette pourrait devenir un substitut si la solution de recharge liquide avait « une concentration de nicotine supérieure ou égale à 20 mg/ml », mais ce n’est pas le cas de la plupart des modèles vendus en France.

 

Jusqu’à il y a peu, comme l’a montré une enquête de Street Press en avril dernier, les pharmacies, n’ayant pas reçu d’interdiction formelle en vendaient, jugeant que « ce n’est pas une faute grave » et « au pire, on nous retire le produit ».

 

Et même si l’agence du médicament nous dit ne pas avoir reçu de remontée inquiétante, des voix s’élèvent, comme celle de Chantal Jouanno, sénatrice UDI de Paris, pour réclamer une enquête sur le contenu de ces engins. « Si on veut mourir, il faut que l’on sache pourquoi », lâchait-elle.

 

Certains pays comme le Brésil, Israël ou Singapour l’ont interdite et l’Union européenne hésite.

 

De réelles études cliniques montrant l’efficacité ou pas dans l’arrêt du tabac seraient nécessaires. La première, d’envergure est attendue pour l’an prochain. En France, la seule disponible – a été réalisée par le Comité départemental des maladies respiratoires du département de Dordogne. Elle n’a porté que sur 74 personnes et donne des résultats mitigés : 11% des participants ont totalement arrêté de fumer, même si 72% disent avoir diminué fortement.

 

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Ce n’est pas inoffensif, et pourtant...

 

Avec leurs parfums venus du monde entier et leur absence de référence à un quelconque effet sur la santé, les boutiques pour vapoteurs ressemblent à des magasins de téléphones portables : on achète l’objet principal et les accessoires, les recharges. L’investissement de départ se chiffre à une centaine d’euros. L’achat est amorti en quinze jours pour quelqu’un qui fumerait un paquet par jour.

 

Informaticien à Rue89, Denis s’y est mis après un arrêt du tabac qu’il avait du mal à tenir, et il en tire de réels bénéfices en termes de souffle et d’odorat. Il est conscient que « c’est moins toxique que la clope même si ça reste toxique ».

 

On est bien en peine, faute de recul, de mesurer les effets à long terme. Lors de la conférence de l’OMS pour la lutte anti-tabac, un rapport [PDF] a été commandé à ce sujet. Quelque dix substances toxiques ont été identifiées, et « il pourrait y avoir des discordances entre la teneur en nicotine selon l’étiquetage et les valeurs réelles ». La composition du liquide des inhalateurs, tous fabriqués en Chine, n’est soumis à aucun contrôle sanitaire.

 

A défaut de l’interdire, le corps médical s’accorde à dire qu’il faudrait un encadrement. « Ce n’est pas un produit inoffensif et il y a un doute sur sa nocivité à long terme », résume le Pr. Bertrand Dautzenberg, penumologue à la Salpétrière (Paris) dans les colonnes du Parisien.

Il cite une étude récente selon laquelle les deux tiers des 12-14 ans qui ont essayé la cigarette électronique sont des non-fumeurs. « Elle peut devenir un produit d’initiation à la dépendance », alerte le pneumologue.

 

Petit problème : dans une interview à l’Express, le médecin, également président de l’Office français de prévention du tabagisme, avait admis : « J’ai clairement des liens avec la totalité des industriels qui proposent des substituts nicotiniques. » Un conflit d’intérêt qui n’en fait pas le meilleur arbitre sur cette question.

 

 

 

 

 

   

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