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CGT Inergy (Groupe Plastic Omnium)CHSCT..04/Octobre/2012..Il est Urgent d'Attendre..

Publié le par chsct cgt inergy

  

 

 

Surtout, ne jamais faire aujourd'hui ce qu'on peut remettre à demain

 

La grande tendance du moment ? Procrastiner. Autrement dit, ne rien décider, et surtout ne pas agir tant qu'on peut l'éviter. On vous explique pourquoi.

 

 

 

La sentence est tombée fin août et elle est signée Bruno Le Maire, ancien ministre de Nicolas Sarkozy : François Hollande «est passé maître dans l'art de la procrastination». Diable. Cinq syllabes et deux r difficiles à prononcer, tout ça pour dire quoi ? Que le président repousse sans cesse le moment de s'y mettre. Le marché de l'emploi ? On verra plus tard. La situation de la zone euro ? Ça ira mieux demain. La Syrie ? Il est urgent d'attendre.

D'après le député UMP de l'Eure, François Hollande remet à demain ce qu'il devrait faire aujourd'hui. Il «procrastine», quoi. Et il n'est pas le seul : la procrastination, on l'ignore trop souvent, est devenue un fléau mondial.

 

Des chercheurs américains très sérieux estiment que 95 % de la population en est victime un jour ou l'autre (1), et que, pour 20 % d'entre nous, le mal serait même chronique. François Hollande ne fait qu'illustrer une fois de plus son incroyable «normalitude».

Cette tare dangereuse – même pour ceux qui n'occupent pas des fonctions présidentielles – s'insinue dans les moindres recoins de nos existences, au travail et à la maison. Toute tâche pénible, compliquée ou anxiogène peut lui servir de prétexte ; maîtriser la courbe du chômage comme remplir sa déclaration de revenus.

Signe des temps, Internet fournit aujourd'hui une infinité d'occasions de perdition. Faire un petit tour sur Facebook avant de «s'y mettre», par exemple : erreur fatale. En moins de trente minutes, le «procrastinateur» se retrouve à regarder une à une les photos des vacances aux Maldives d'un sombre inconnu. Quand arrive l'heure de la quille, il a lu un article sur la reproduction des dauphins, écumé les archives du site
10minutesaperdre.fr, trié sa bibliothèque iTunes, peut-être mis de la graisse sur les gonds de la porte...

Mais il n'a pas rempli sa déclaration de revenus. Perfide, la corvée culpabilise l'esprit qui n'a pas eu le courage de s'y atteler, lui interdisant le délicieux sentiment de devoir accompli dont jouit l'individu organisé.

Perfectionnisme ?

Les psychologues qui se sont penchés sur ce mal du XXIe siècle évoquent «le biais du présent», c'est-à-dire la tendance à privilégier la recherche du plaisir immédiat, même si l'individu a conscience que les conséquences seront désastreuses.

 

 On estime qu'un salarié passe cinquante-neuf minutes par jour en moyenne sur Internet pour des raisons personnelles, quels que soient les risques encourus, à commencer par celui de se faire épingler par le patron. «Conseiller à un procrastinateur de s'acheter un agenda, c'est comme dire "Haut les coeurs !" à quelqu'un qui souffre de dépression chronique», affirme le Pr Joseph Ferrari, de l'université de DePaul, à Chicago.

A défaut de pouvoir discipliner leur quotidien, les professionnels de l'ajournement organisent leur revanche. John Perry, procrastinateur, philosophe et auteur de la Procrastination, l'art de reporter au lendemain  (Autrement, 2012), formule pour sa part une hypothèse de nature à rassurer ses confrères : le procrastinateur serait en réalité un perfectionniste prisonnier de son fantasme de réussite absolue. Paralysé par l'ampleur de la tâche (atteindre la perfection, ce n'est pas rien), il n'agit pas. Ou alors, à la dernière minute, pour bénéficier de l'excuse imparable : pour le temps qu'il y a passé, le résultat n'est pas si mauvais.

Pour se protéger contre son vice, il peut lire
Comment glander au bureau en passant pour un pro (First, 2009), ou l'Art de glandouiller au bureau (éd. Tornade, 2008), des petits guides qui lui éviteront d'être démasqué. Autre invention majeure, le site StickK permet d'acheter des contrats avec soi-même. Arrêter de fumer, faire du sport, arriver à l'heure : le procrastinateur s'engage et paye une somme qu'il estime propice à le motiver. S'il échoue, son argent sera reversé à une association caritative au hasard.

Accepter sa condition : voilà le sage conseil du philosophe John Perry. D'autant que, selon lui, cette «tare» pourrait avoir des bénéfices inattendus. «Ne jamais rien faire aujourd'hui qui puisse disparaître demain» : si la tâche tant repoussée venait, sait-on jamais, à disparaître d'elle-même, le procrastinateur ne se serait pas fatigué pour rien. Et si le monde venait à finir, il se serait évité un grand nombre de corvées: entre la crise et les funestes prédictions des Mayas, il n'est pas impossible que les procrastinateurs soient finalement récompensés d'avoir remis leur peine au lendemain. Espérons néanmoins que notre président n'ait pas fait ce calcul...

(1) Piers Steel, Haskayne School Of Business, université de Calgary.

 

RECULER POUR NE JAMAIS SAUTER

Et si la procrastination pouvait sauver des vies ? Imaginons par exemple deux suicidaires qui passeraient leur temps à remettre à demain leur triste projet. C'est le thème du livre cosigné par le cinéaste Patrice Leconte et David d'Equainville*, l'inventeur de la journée mondiale de la procrastination et fervent défenseur de la procrastination positive. «La procrastination est une forme de résistance aux mots d'ordre, aux injonctions qui ne laissent plus le choix aux gens, ni pause, ni réflexion, affirme-t-il. Quand le temps de l'action domine tous les autres, vous obtenez les conditions de la tyrannie.» Voilà donc une excuse en béton armé pour tous les procrastinateurs : je ne repousse pas, je lutte contre la tyrannie !

* Reculer pour mieux sauter, de David d'Equainville et Patrice Leconte, Flammarion, 205 p., 17 €.

 

   

 

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Prenons le Temps

 

  Surtout, ne jamais faire aujourd'hui ce qu'on peut remettre à demain

 

 

 

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